Mis à jour le 8 mars 2026 · Par Andy Leleux, technologue en médecine du sommeil
Bouche sèche
Très fréquentPourquoi ça arrive
Respiration buccale pendant le sommeil (l'air sous pression s'échappe par la bouche) ou absence d'humidificateur. Le masque nasal aggrave le phénomène car il ne couvre pas la bouche.
Solutions
- → Activer ou augmenter l'humidificateur chauffant intégré à votre CPAP
- → Porter une mentonnière (chin strap) pour maintenir la bouche fermée
- → Passer à un masque facial complet (couvre nez ET bouche)
- → Vérifier l'absence de fuites au niveau du masque
- → Boire un verre d'eau avant de dormir
À retenir : La bouche sèche est la première cause d'abandon de la CPAP. Signalez-la à votre prestataire — la solution existe presque toujours.
Aérophagie (gaz, ballonnements, rots)
FréquentPourquoi ça arrive
L'air sous pression est avalé (dégluti) au lieu d'être inspiré. Favorisé par une pression trop élevée, la respiration buccale, ou une position allongée à plat. L'air accumulé dans l'estomac provoque ballonnements, gaz et rots au réveil.
Solutions
- → Consulter votre médecin pour réévaluer la pression (souvent trop élevée)
- → Passer à une Auto-CPAP (APAP) qui adapte la pression en temps réel
- → Surélever la tête du lit de 15-30 cm (facilite le reflux vers le bas)
- → Activer la fonction EPR/C-Flex (allègement de pression à l'expiration)
- → Éviter de manger copieusement dans les 2h avant le coucher
À retenir : L'aérophagie signale souvent que votre pression CPAP est mal calibrée. Un suivi avec téléchargement des données s'impose.
Rougeurs, marques et irritations cutanées
FréquentPourquoi ça arrive
Pression excessive du masque sur la peau du nez, des joues ou du front. Le masque trop serré comprime les capillaires et laisse des marques rouges, voire des lésions si non traité.
Solutions
- → Desserrer les sangles — le masque doit tenir sans être trop serré (test : glisser un doigt sous la sangle)
- → Utiliser des protections en tissu ou en gel (NasalPad, Remzzz...)
- → Changer de type de masque (narinaire, nasal, facial selon morphologie)
- → Essayer un coussin de masque de taille différente (S/M/L)
- → Appliquer une crème apaisante le matin (aloe vera, calendula)
À retenir : Un masque qui laisse des marques encore une heure après le réveil est trop serré. Ne jamais compenser une fuite en serrant davantage — mieux vaut changer de masque.
Allergie et réaction cutanée au masque
Peu fréquentPourquoi ça arrive
Allergie au silicone, au latex ou aux plastiques du masque. Se manifeste par des rougeurs persistantes, démangeaisons, eczéma ou urticaire au contact du masque — différent des simples marques de pression.
Solutions
- → Laver le masque quotidiennement à l'eau tiède et savon doux (élimine résidus et allergènes)
- → Demander un masque en silicone médical hypoallergénique (certifiés latex-free)
- → Utiliser des coussins en tissu ou gel interposés entre le masque et la peau
- → Consulter un dermatologue pour confirmer l'allergie (patch test)
- → Certains masques sont disponibles en matériaux alternatifs (F&P Evora, ResMed AirFit N30)
À retenir : Une allergie vraie au silicone est rare mais réelle. Si le lavage quotidien ne suffit pas, signalez-le à votre prestataire — des alternatives existent.
Congestion nasale et nez bouché
FréquentPourquoi ça arrive
L'air insufflé par la CPAP est plus froid et plus sec que l'air ambiant. Les muqueuses nasales réagissent en produisant plus de mucus pour compenser, provoquant une sensation de nez bouché au réveil.
Solutions
- → Activer ou augmenter l'humidificateur chauffant
- → Utiliser un spray nasal salin (Humer, Physiomer) avant de dormir
- → Vérifier que le tuyau CPAP n'est pas exposé au froid (condensation)
- → Utiliser un tube chauffant (ClimateLine, SlimLine...) pour éviter le "rainout"
- → En cas de rhinite allergique, traiter l'allergie sous-jacente
À retenir : La congestion nasale chronique sous CPAP est souvent résolue par un humidificateur correctement réglé. C'est une des causes les plus fréquentes de mauvaise tolérance.
Saignements de nez (épistaxis)
Peu fréquentPourquoi ça arrive
Muqueuses nasales asséchées par l'air insufflé, surtout en hiver ou dans des environnements secs (chauffage central). Les petits vaisseaux fragiles du septum peuvent saigner.
Solutions
- → Humidificateur chauffant — solution principale
- → Appliquer du gel nasal hydratant (Nozoil, Sterimar gel) dans les narines avant le coucher
- → Boire suffisamment d'eau dans la journée
- → Humidifier la chambre (humidificateur d'ambiance)
- → Si les saignements persistent ou sont abondants : consultation ORL
À retenir : Les saignements disparaissent quasi systématiquement avec un humidificateur bien réglé. Ne tolérez pas ce symptôme sans agir.
Fuites d'air (yeux irrités, conjonctivite)
FréquentPourquoi ça arrive
Des fuites au niveau du nez ou des joues dirigent un flux d'air froid vers les yeux pendant la nuit. Au réveil : yeux rouges, irrités, larmoiements, voire conjonctivite récurrente.
Solutions
- → Réajuster le masque : repositionner les sangles, pas forcément les serrer davantage
- → Changer de taille de coussin (trop petit = fuites latérales)
- → Remplacer le coussin usé (à changer tous les 3-6 mois selon fabricant)
- → Essayer un masque de forme ou type différent (narinaire vs nasal)
- → Les données CPAP indiquent le volume de fuites — téléchargez-les avec votre prestataire
À retenir : Les fuites sont mesurées et enregistrées par votre CPAP. Un taux de fuite élevé réduit l'efficacité du traitement — votre prestataire peut analyser ça à distance.
Difficulté à expirer (contre-pression)
Fréquent en début de traitementPourquoi ça arrive
La CPAP insuffle de l'air en continu, y compris pendant l'expiration. Certains patients ressentent une résistance à l'expiration, surtout avec une pression élevée ou en début de traitement. Peut provoquer une sensation d'étouffement ou de lutte contre la machine.
Solutions
- → Activer la fonction EPR (ResMed) ou C-Flex (Philips) — réduction de pression à l'expiration
- → Passer en Auto-CPAP : la pression s'adapte et est souvent plus basse en moyenne
- → Période d'adaptation progressive : certaines CPAP ont un mode "rampe" (pression montante)
- → Exercices de respiration nasale profonde avant de s'endormir
- → Consulter le médecin si la sensation persiste après 2-3 semaines
À retenir : La contre-pression à l'expiration est normale au début. Elle disparaît généralement après 1 à 3 semaines d'adaptation. Si ce n'est pas le cas, le réglage EPR/C-Flex change tout.
Claustrophobie et anxiété au masque
Fréquent en début de traitementPourquoi ça arrive
Le masque couvrant le visage déclenche une sensation d'enfermement ou d'étouffement, surtout chez les personnes ayant une tendance anxieuse. Peut provoquer des réveils en panique ou un refus de porter le masque.
Solutions
- → Commencer par porter le masque en journée, sans la machine, pour s'y habituer
- → Choisir un masque le moins encombrant possible (narinaire, nasal pillows)
- → Porter le masque + machine allumée quelques minutes avant de dormir
- → Techniques de relaxation : respiration lente et profonde en mettant le masque
- → En cas d'anxiété sévère : en parler à votre médecin (un soutien psychologique peut aider)
À retenir : Le masque nasal pillows (petites olives dans les narines) est souvent mieux toléré par les personnes claustrophobes — il libère la vue et ne couvre rien.
Acné et boutons de contact
Peu fréquentPourquoi ça arrive
Le contact prolongé du masque avec la peau + chaleur + humidité crée un environnement favorable aux bactéries. Un masque mal nettoyé accumule sébum et bactéries qui provoquent des boutons sur le nez, les joues ou le menton.
Solutions
- → Laver le masque chaque matin à l'eau tiède et savon doux sans parfum
- → Nettoyer le visage avant de mettre le masque (enlever crème de nuit, maquillage)
- → Éviter les crèmes grasses ou huileuses sur le visage avant le coucher
- → Remplacer le coussin de masque tous les 3 mois
- → Utiliser des lingettes antibactériennes pour masque CPAP si nettoyage quotidien impossible
À retenir : Un masque propre = moins de problèmes de peau. Le nettoyage quotidien du coussin est non négociable.
Bruit de la machine
Variable selon les modèlesPourquoi ça arrive
Les CPAP modernes sont silencieuses (25-30 dB, moins qu'un réfrigérateur). Mais les fuites d'air du masque peuvent générer des sifflements ou souffles audibles qui dérangent le partenaire de lit.
Solutions
- → Réduire les fuites du masque (voir section fuites)
- → Orienter le tuyau vers l'arrière de la tête ou utiliser un tuyau pivotant
- → Placer la machine sur une surface absorbante (serviette épaisse)
- → Utiliser un protège-oreilles ou bouchons d'oreilles pour le partenaire
- → Si la machine elle-même est bruyante : la faire vérifier par le prestataire (filtre colmaté ?)
À retenir : La plupart des bruits viennent du masque, pas de la machine. Résoudre les fuites résout généralement le problème sonore.
Apnées centrales induites (syndrome d'apnées complexes)
RarePourquoi ça arrive
Chez certains patients, la CPAP supprime les apnées obstructives mais révèle ou induit des apnées centrales (le cerveau n'envoie plus le signal de respirer). Ce phénomène, appelé apnée complexe ou EmSAHS, est détecté à l'analyse des données CPAP.
Solutions
- → Surveillance des données CPAP : les apnées centrales résiduelles sont visibles dans les rapports
- → Souvent transitoire : disparaît en quelques semaines chez la plupart des patients
- → Si persistant : consultation au centre du sommeil pour réévaluation
- → Traitement possible par ventilation ASV (Adaptive Servo-Ventilation)
- → Ne pas modifier vous-même les réglages sans avis médical
À retenir : Ce phénomène est rare et souvent détecté lors du suivi télémétrique. Il ne faut pas arrêter la CPAP sans avis médical.
Un effet secondaire persiste ?
Votre prestataire CPAP est votre premier interlocuteur. Dans le cadre de la convention INAMI, les suivis et ajustements sont inclus. N'hésitez pas à les appeler — c'est leur rôle. Si le problème est médical (pression à réévaluer, apnées résiduelles), votre centre du sommeil prend le relais.